La présidence française de l'Union européenne commence le 1er juillet 2008. Un mandat qui devra sortir l'Europe de la crise institutionnelle après le « non » irlandais.
La France prend le 01/07/2008 la barre d'une Union européenne en pleine tempête, alors que l'Irlande a fait dérailler le processus de ratification du traité de Lisbonne et que les citoyens des 27 pays ne cachent plus, sondage après sondage, leur scepticisme face au projet européen. Maître d'oeuvre avec l'Allemagne de l'effort qui a permis, grâce au projet de traité « simplifié », de relancer l'Europe après le double «non» des Français et des Néerlandais à la constitution en 2005, Nicolas Sarkozy devra une nouvelle fois consacrer ces prochains mois une bonne part de son énergie à gérer les conséquences d'un autre « non », celui de Dublin. Pour sortir de la crise, le président français a déjà fixé une ligne : poursuivre coûte que coûte le processus de ratification du traité de Lisbonne, en faisant le forcing auprès de Tchèques très hésitants et en évitant de donner l'impression d'isoler ou de contraindre Dublin. Avec l'espoir que le Premier ministre irlandais Brian Cowen accepte d'organiser un nouveau vote. Afin de surmonter la crise de confiance révélée par le référendum irlandais, Nicolas Sarkozy espère faire adopter pendant sa présidence le paquet énergie-climat et un pacte européen pour l'immigration, et faire des progrès sur l'Europe de la défense, des initiatives conçues comme une réponse aux attentes de citoyens déçus par la bureaucratie de Bruxelles. Pour y parvenir, le président français devra rassurer ses partenaires européens sur sa volonté de se ranger à la « culture du compromis ». Si tous ont loué sa contribution capitale en faveur du traité de Lisbonne, beaucoup se sont agacés des critiques contre la Banque centrale européenne (BCE) et « l'euro fort » de la part d'un dirigeant accusé de laisser filer les déficits publics de la France. Son projet d'Union pour la Méditerranée (UPM), finalement révisé à la baisse après la fronde menée par Angela Merkel, et son insistance à promouvoir une suspension de la TVA sur le pétrole contre l'avis du reste de l'Europe ont illustré l'inquiétude suscitée à Bruxelles par le style jugé « brutal » et « arrogant » de Nicolas Sarkozy.
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